Le bruit de fond qui règne au sein de l’Hôtel de Broglie caractérise très bien ce à quoi s’attelle Najat Vallaud-Belkacem : un immense chantier. Le bruit des marteaux, des massues, la démolition de murs pour reconstruire, rénover ce bâtiment qui héberge le porte-parolat du gouvernement mais aussi, et surtout, le Ministère des Droits des Femmes est tout à fait à l’image de l’énorme chantier de la Ministre.
Un changement qualifié de « profond » par la Ministre elle-même car il doit être pris à bras le corps par « l’ensemble des administrations et ministères ». Autour de cette table, cinq journalistes et moi-même, seul blogueur, deux hommes et quatre femmes pour entendre et questionner la Ministre suite à sa rencontre avec les hauts-fonctionnaires en charge de l’égalité femmes-hommes nommés à la demande de Jean-Marc Ayrault dans chaque ministère, conformément à la communication du Conseil des ministres du 27 juin dernier. Des femmes surtout, des hommes aussi, mais plus important c’est leur rôle au sein de chaque ministère, « important et décisifs », il ne s’agit pas de pièces rapportées mais bien de proches collaborateurs ou de secrétaires généraux, à l’image de celui du Ministère de l’Intérieur, qui a la volonté de prendre le dossier à bras le corps.
Transversal et interministériel c’est le choix logique qui a été fait et qui correspond entièrement aux circulaires du 24 août signées par le Premier Ministre. L’une porte sur la parité dans les nominations de la haute fonction publique. L’autre sur les études d’impact en termes d’égalité entre les hommes et les femmes qui seront préalables à tout texte législatif. Ces études, d’ores et déjà mises en œuvre dans le cadre de la législation sur les emplois d’avenir, seront à l’avenir effectuées par l’Institut des Politiques Publiques de l’École d’Économie de Paris. Études qui seront d’ailleurs disponibles en ligne, la transparence s’impose. Impossible donc à l’avenir d’adopter une loi ou décret sans étude d’impact préalable. La procédure est à l’image de ce qui a récemment été entrepris en Belgique avec la loi portant sur le gender mainstream, analysant les politiques publiques également en termes d’égalité femmes-hommes, et plus largement de genre.
La réception ce matin par Najat Vallaud Belkacem de l’ensemble des hauts-fonctionnaires référents en charge de l’égalité femmes-hommes correspond à la première étape de ce processus qui inclut un dialogue bilatéral portant sur les droits des femmes et l’égalité car si les égalités civique, économique et sociale sont censées exister, « les résistances demeurent ». Ces référents seront en réalité les maillons indispensables et essentiels permettant d’influer sur les politiques publiques, de changer l’administration. En octobre se réunira un comité interministériel oublié depuis maintenant 12 ans : celui des droits des femmes, permettant ainsi d’aller plus loin dans les réformes nécessaires à entreprendre, mettant en œuvre un plan d’action gouvernemental.
Bien au-delà du travail ministériel, c’est travailler sur la compréhension des inégalités pour mieux les vaincre, car si beaucoup de français ont en tête les 27% d’écarts salariaux entre femmes et hommes, Najat Vallaud-Belkacem se plaît à rappeler les éléments oubliés par la majorité comme ces « horaires difficiles et atypiques, ces problèmes de carrières, les familles monoparentales ayant une femme à leur tête » ou encore ce chiffre si fort et choquant que l’on a malheureusement tendance à oublier : 200 viols par jour en France. Des chiffres durs, violents, dont on prend conscience en étudiant le rapport intitulé Chiffres-clés de l’égalité femmes-hommes en 2011. En plus de l’ensemble des Français, la Ministre qui porte à cœur ce sujet compte bien le partager avec ses collègues pour qu’ils ne restent pas indifférents au seulement 27% de femmes qui composent l’Assemblée Nationale et ces 14% de femmes maires de communes. Sans oublier que « dans les affaires internationales, on part de loin […] avec 13% de femmes ambassadeurs ».
La jeunesse, cet atout sur lequel souhaite s’appuyer François Hollande n’est pas oubliée, la porte-parole du gouvernement met les pieds dans le plat et balaye de la main la question d’une journaliste sur la non-mixité réintégré dans différents collèges anglo-saxons : « La mixité est très importante » et d’enchaîner sur l’école : « J’adhère à l’idée de morale laïque de Vincent Peillon, car j’y vois derrière l’égalité fille-garçon ». Une motivation sans pareille, Najat Vallaud-Belkacem porte ce sujet au plus profond de son cœur et s’y emploie avec force sans oublier l’échelle européenne, travaillant en lien avec Viviane Reding, commissaire européenne à la justice.

Les 16 et 17 juillet 1942 marquent une rupture dans ce qui était déjà une page insoutenable de l’Histoire de France et du monde. La France occupée met en œuvre un évènement malheureusement célèbre : la rafle du Vel d’Hiv. À compter de cette date, l’âge des enfants ne les protège plus de la barbarie. Ce sont 4051 enfants de moins de 16 ans qui sont arrêtés et envoyés dans les camps de Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers. Rares seront ceux qui s’en sortiront, les autres mourront de privations ou seront gazés à leur arrivée à Auschwitz.
La France, comme le prouve cette énième attaque, succombe aux dérives des phobies les plus loufoques. Ces citoyens abjurent la logique de respect qui forge toute démocratie. Dans une suite cartésienne, deux têtes de porc ont été déposées et du sang, vraisemblablement de cochon, a été versé à l’entrée de la mosquée de Montauban ce même mercredi. Aucun lien bien entendu entre ces deux évènements, sur le plan pratique du moins. Car derrière ces agressions c’est une vague « phobique » qui se déverse, récupérant tout autant l’homophobie,
Les Jeux Olympiques sont le symbole de la fraternité, le symbole de l’excellence, dans le sport en tout cas. Les Jeux Olympiques sont sans acception de personne, ils incarnent la compétition mais dans le même temps 
