Porno, sexe et industrie: l’envers du décor
Posted: avril 29th, 2011 | Author: Louis Lepioufle | Filed under: Economy, Life, News | Tags: Porno, Sexe, World | 2 Comments »Les chiffres parlent d’eux-mêmes:
36 d’entre eux sont décédés, par suicide, homicide, ou infectés par le virus du SIDA entre 2007 et 2010.
66% sont infectés par l’herpès.
2,396 cas de Chlamydia et 1,389 cas de Gonorrhée ont été déclarés parmi eux depuis 2004.
Plus de 100 hétérosexuels et homosexuels sont morts du virus du SIDA.
26 cas de virus du SIDA ont été reporté par l’ « Adult Industry Medical Healthcare Foundation » depuis 2004.
Ces chiffres concernent l’industrie pornographique américaine, et américaine uniquement. Ce beau monde adulé par un bon nombre de personnes. Ce beau monde où l’on pense que l’argent coule à flot, où l’industrie du sexe ne règne que par intérêt, par passion – la fameuse nymphomanie. Ce beau monde où les acteurs ne sont jamais soumis et agissent par eux-même.
Il n’en est rien. Les guerres internes, le regard porté sur eux – puisqu’elles restent avant tout des « femmes objets » et eux des « travailleurs du sexe » – montrent à quelle point la violence est chose commune dans cette économie mondiale. Même si celle-ci est légale et ne peut être assimilée à l’économie du sexe résultant du trafic d’êtres humains, l’industrie du cinéma pornographique reste un milieu violent, sauvage. L’histoire de Kacey, Ashlynn, Greg et autres consort ne ressemblent pas à celle, effroyable, de Katya, décrite dans le journal anglais The Guardian: enlevée à l’âge de 14 ans en Moldavie, violée, mise sur les trottoirs d’Italie, de Roumanie, de Turquie, d’Israël puis de Londres. Les actrices pornographiques ne sont généralement pas amenés à creuser leur propre tombe comme elle a pu le faire. Pourtant. Pourtant la violence est présente, elle subsiste.
En témoigne la solitude de Kacey Jordan, née en 1988 et entrée dans le monde du porno à tout juste 19 ans. L’alcool, la drogue, pour oublier sûrement. La suite, Kacey tente à plusieurs reprises de mettre fin à ces jours et l’annonce via Twitter. Consciente de l’objet sexuel qu’elle incarne, elle plaidera tout fort que le beau et doux monde de la pornographie tel qu’incarné par « Playboy » n’existe plus. La demande des consommateurs se porte sur la version hardcore de l’industrie, celle qui prône l’anal et où figure en bonne et due forme les simulation de viol, les gangbangs, l’inceste et la pornographie infantile. Comme l’affirme Shelley Luben, ancienne actrice pornographique reconvertit dans l’aide aux actrices pornographique : « Kacey Jordan a été utilisée par l’industrie pornographique pour promouvoir la pornographie infantile. Dans le film « She’s half my age » produit par l’acteur pornographique connu pour ses attitudes violentes, Brandon Iron, Kacey est une fille de 19 ans qui en paraît davantage 15 et a des relations sexuelles avec six hommes, l’un d’eux ayant près de trois fois son âge!« .
L’industrie du sexe a un visage bien différent d’il y a 30 ans. La vie d’une Porn Star se résume a des abus physiques, des agressions verbales et de la pression mentale. Elles sont, dans le même temps, forcées à des actes sexuels à haut risques et sujettent à de nombreuses maladies sexuellement transmissibles. Le rapport du California Health Department à ce sujet est d’ailleurs accablant.
Lorsque l’on sait que 11 millions de jeunes regardent régulièrement de la pornographie en ligne. Que la majorité des adeptes de l’industrie ont entre 12 et 17 ans. Qu’au sein de la communauté chrétienne américaine, 50% des hommes et 30% des femmes regardent régulièrement du porno. La détresse de ces acteurs et l’horreur des scènes décries, filmées et commercialisées ne devraient laisser personne indifférent. Sauf qu’à la différence des nobles avocates de cette cause, une personne assise dans son canapé face à son écran ne pense qu’à son propre plaisir, prend même goût à observer l’autre humilié(e), violenté(e). Dès lors l’indignation n’est plus. Les actrices et acteurs se suicident ou meurent d’overdoses, chaque mois, laissant les consommateurs et consommatrices indifférents et indifférentes.
On peut penser que les nouvelles tendances émergentes, telle que « le porno pour les femmes, par les femmes », promu par Anna Arrowsmith, pourrait apporter un sang neuf. Il parait logique d’en douter. On observe même, et heureusement, des actrices qui sortent de l’industrie du sexe et deviennent de simples mannequins et actrices de cinéma « classique », comme c’est le cas de Sasha Grey, remarquable d’ailleurs dans « The Girlfriend Experience« , un film de Steven Soderbergh.
À l’heure où l’économie est toujours fébrile, l’économie du porno, elle, reste puissante et dynamique et a encore de beaux jours devant elle, la violence et les abus aussi. Ses revenus mondiaux atteignaient 97,06 milliards de dollars en 2006. Un aperçu en image:
Crédit photo: Javier on Flickr.com
















Il faudrait plus de contrôle sur ce qui s’y passe, pousser les acteurs et actrices qui se font abusés de porter plainte pour faire bouger les choses. Car au final c’est juste un dérivé de la prostitution.
Mais pour le reste ce sera dur de changer les choses.Il y a énormément d’argent en jeu donc il y aura toujours des personnes qui seront intéressées pour tourner ce genre de films. Après pour le fait qu’une grosse partie du porno tourne au hardcore c’est une question de demande et ça on ne peut rien y faire.
N’oublions pas que le porno joue certainement un rôle de diminution du taux de viol comme s’est expliqué ici :
http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2011%2F05%2F08%2F1788-le-porno-sur-internet-augmente-t-il-le-nombre-de-viols
Twitter: LouisLep
said at 21 h 29 min on mai 9th, 2011:
Comme la prostitution, il me semble impossible de faire disparaitre le phénomène, d’où l’intérêt d’encadrer certaines pratiques. Aux États-Unis la législation interdit déjà tout rapport non-protégé dans les films, en tout cas dans certains États, cette mesure est très très loin d’être respecté. Les abus sont nombreux et impressionnants, les témoignages disponibles sur le site de Shelley Luben sont vraiment choquants.
Concernant le fait qu’il y ait une dérive vers le hardcore, cela à toujours existé, c’est davantage les abus qui y sont liés qui sont choquant, le hardcore regroupant également les écarts d’âge entre l’actrice de 20 ans, qui en fait 15, et l’acteur qui a 50 ans. On aboutit sensiblement à de la pornographie infantile, clairement de la pédophilie dissimulée. Les dérives sont nombreuses, le New-York Times avait d’ailleurs fait un reportage sur le sujet, comme Tracks d’ailleurs, avec les « Junior Idol » au Japon: http://www.nytimes.com/2011/02/10/business/global/10manga.html
Quand au lien avec les viols… Je vois mal mettre en place la promotion du promo comme incitation au respect des jeunes filles et garçons… et comme limitation du nombre de viols. Les arguments cités par l’auteur sont à la limite pertinents (les deux derniers), mais la façon dont il contre-argumente l’étude scientifique est franchement approximative.