Sécurité: l’échec (et l’absence) de la politique gouvernementale
Posted: juillet 19th, 2011 | Author: Louis Lepioufle | Filed under: Politics | Tags: France, Nicolas Sarkozy | No Comments »Sécurité, on répète ce mot souvent, trop souvent d’ailleurs. On l’associe également à réussite, enfin le gouvernement le fait régulièrement car c’est au fond son cheval de bataille, sa croisade. Pourtant la déception, la chute est de rigueur, la Cour des Comptes l’a affirmé et les chiffres et commentaires sont clairs, comme les a présenté la députée Delphine Batho :
Augmentation de 21,2% depuis 2002 des violences contre les personnes,- Diminution de 5,3% depuis 2002 des effectifs de policiers en sécurité publique,
- La police et la gendarmerie sont pilotées à partir de statistiques discutables avec pour effet pervers de privilégier par exemple la lutte contre l’usage de stupéfiants au détriment de la répression des trafics de drogue.
- Baisse de 25% du budget de fonctionnement de la police, au point que, comme l’a reconnu lui-même le Directeur Général de la Police Nationale « les capacités opérationnelles sont sévèrement compromises »,
- Augmentation de 35% en 8 ans des effectifs des polices municipales : la sécurité de proximité a donc été abandonnée par l’État,
- Enfin, 1/3 seulement des effectifs de police sont présents sur la voie publique.
Face aux moyens, la réalité des faits est donc elle aussi marquante : une hausse des atteintes aux personnes, et le grand échec de la lutte contre les stupéfiants. Il ne faut pas oublier la surcharge du milieu carcéral et l’état des prisons françaises régulièrement condamné par des instances internationales et Organisations Non-Gouvernementales. La solution toute trouvé est donc le fichage de la population d’une part et la privatisation de l’élément régalien qu’est la police d’autre part. Le gouvernement a donc procéder à la création de 12 nouveaux fichiers entre 2007 et 2008, soit une augmentation de 30% en une seule année. 12 autres fichiers ont vu le jour depuis. Pourtant là encore, la déception est de rigueur puisque la multiplication des fichiers pose des questions de droit : un quart des 58 fichiers existants en 2009 n’avait aucune base légale et donc aucun contrôle (rapport parlementaire de Delphine Batho (PS) et Jacques-Alain Benisti (UMP)). Les zones sous vidéo-surveillance n’apporte pas les résultats escomptés ; quant à l’explosion du nombre de garde à vue, elle est condamné par la Cour Européenne des droits de l’Homme.
Concernant la privatisation de l’élément sécuritaire, on assiste à une intensification exceptionnelle du nombre d’entreprises de sécurité privées. Les milices de voisinages prennent place. Enfin l’accroissement des « gated community », ces zones, ou quartiers résidentiels, totalement coupés du monde, entièrement sécurisés et contrôlés par la communauté et par des sociétés privées indiquent clairement une déviance : l’abandon de la sécurité publique comme élément régalien.
Le bilan est donc bien triste et sombre.
À l’inverse, la gauche et le Parti Socialiste mettent les pieds dans le plat en posant la question d’amener le commerce de drogues sous le giron de l’État, comme l’ont réclamé plusieurs anciens chefs d’État et diplomates des Nations-Unies.
Le PS, attaché aux libertés publiques, affirme que seule la loi, et donc le Parlement, doit pouvoir autoriser la création de fichiers de police. C’était d’ailleurs l’objet d’une proposition de loi déposée en mai 2009 conjointement par Delphine Batho (PS) et Jacques-Alain Benisti (UMP), mais rejetée par la droite en novembre 2009. La protection des libertés publiques relève de la loi et non du simple décret. Concernant les fichiers déjà existants, une évaluation de leur utilisation et de leur efficacité devra être réalisée.
Enfin, une politique de liberté et de sécurité va de pair avec l’augmentation des effectifs. Ainsi le PS souhaite la création de 10 000 policiers et gendarmes de proximité dans son projet pour 2012.
Crédit photo: rick forgo & cjelli on Flickr.com














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