Le blog de Louis Lepioufle

Politics

De l’ordre pour contrer la haine

De la haine, violente, dense. Une haine profonde, teintée de phobie, imprimée d’elle-même. Alors que la loi sur le harcèlement sexuel est adoptée, deux canadiennes ont été victimes d’une agression tant homophobe que xénophobe à Paris ce mercredi 1er août.

La France, comme le prouve cette énième attaque, succombe aux dérives des phobies les plus loufoques. Ces citoyens abjurent la logique de respect qui forge toute démocratie. Dans une suite cartésienne, deux têtes de porc ont été déposées et du sang, vraisemblablement de cochon, a été versé à l’entrée de la mosquée de Montauban ce même mercredi. Aucun lien bien entendu entre ces deux évènements, sur le plan pratique du moins. Car derrière ces agressions c’est une vague « phobique » qui se déverse, récupérant tout autant l’homophobie, la xénophobie, le machisme et bien d’autre, en résumé la haine de tout ce qui est différent de soi, de son groupe.

Les sources de ce phénomène ? À première vue on pourrait pointer du doigt les médias qui répercutent avec soins les propos haineux de divers mouvements politiques, ou mieux, les affichent avec soin comme le fait le journal Minute. En ce sens, l’analyse du collectif Cette France-là est remarquable :

Pourquoi n’y a-t-il pas de réactions plus argumentées dans une presse pourtant considérée comme sérieuse, contre des thèses qui sont pour le moins choquantes? Cela est expliqué  […] par une logique médiatique qui tend, selon un mécanisme de réification de ses archétypes éditoriaux, à la fois à reproduire la représentation de l’échiquier politique et à se positionner dans un débat dont la presse n’a pas choisi les termes. Cela entraîne une sous-estimation de la radicalisation de la droite présentée comme républicaine. En mettant en avant plutôt l’incident de langage ou l’irritation, elle écarte une réflexion de fond sur sa logique. L’effet pervers induit est de donner davantage de force aux écarts des responsables déviants. Le débat aurait donc tendance à se déplacer vers une banalisation de la xénophobie.

Cette France-là, « Xénophobie d’en haut. Le choix d’une droite éhontée« , Paris,
La Découverte, coll. « Cahiers libres », 2012.

Mais au-delà de cette banalisation du discours de haine, de ces actes honteux, c’est l’absence d’ordre qui sous-tend de ce constat. L’ordre à la fois de l’autorité et de l’éducation. Ces deux approches de l’ordre permettent de rétablir le respect, l’éducation, la fraternité dans un pays rongé par le communautarisme excessif. Il est ainsi important, comme l’affirme Manuel Valls de « réhabiliter l’ordre en tant que tel, dans ses vertus structurantes et libératoires pour l’individu » (« Sécurité, La gauche peut tout changer« , Éd. du moment, 2011). Remettre de l’ordre pour rétablir la justice, pour vivre en fraternité sur le territoire de la République.

Photo : Mitternacht on Flickr.com

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>