Il est rare qu’une exposition vous prenne au cœur, vous emporte à ce point. « C’était des enfants« réussi cet exploit de vous transporter dans la dure période des convois d’enfants, des rafles, des étoiles jaunes, des fichages et des persécutions à l’encontre des enfants juifs de Paris.
Les 16 et 17 juillet 1942 marquent une rupture dans ce qui était déjà une page insoutenable de l’Histoire de France et du monde. La France occupée met en œuvre un évènement malheureusement célèbre : la rafle du Vel d’Hiv. À compter de cette date, l’âge des enfants ne les protège plus de la barbarie. Ce sont 4051 enfants de moins de 16 ans qui sont arrêtés et envoyés dans les camps de Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers. Rares seront ceux qui s’en sortiront, les autres mourront de privations ou seront gazés à leur arrivée à Auschwitz.
Aux murs de la salle d’exposition de l’Hôtel de Ville de Paris, des photos, beaucoup, mais plus encore, des fiches, des lettres et dessins d’enfants, prisonniers de ce que l’homme a construit, a permis, enfermés dans cette barbarie qui n’a rien d’humain. Un million et demi d’enfants juifs de moins de 15 ans assassinés en Europe durant la Shoah. Au-delà des enfants parisiens, c’est à l’ensemble de ces gamins que les archives présentées rendent hommage.
Et ce poème diffusé dans une des salles de l’exposition, qui vous fend le cœur de la même manière qu’il vous transporte 70 années en arrière, une voix de femme scandant « Morts, morts, ils sont tous morts« .
C’était des enfants, une exposition insoutenable qui montre l’atrocité subit par ces enfants juifs, ces petits parisiens qui n’avaient rien demandé sinon vivre. « Survivants« , « enfants cachés« , « rescapés« , l’exposition ne manquent pas de présenter les enfants qui ont échappé aux déportations. Ce brin de lumière montre pourtant la souffrance que porteront à jamais ces bambins, tout comme leurs descendants, à l’image de cet homme croisé au fil de l’exposition, les larmes aux yeux devant ce lexique qui revient trop souvent :
Déporté par le convoi 77 du 31 juillet 1944. Il n’avait que deux semaines.
À aucun moment l’exposition ne porte inscription des mots « dont il/elle ne reviendra jamais« , c’est ce qui fait sa force. Elle vous porte vers la mort, sans jamais l’inscrire, pour que l’Histoire reste à jamais dans les mémoires, et jamais ne se reproduise.

Scandale, on pouvait s’y attendre, réactions violentes beaucoup moins. Résultat le siège de Charlie Hebdo a été 