Une Europe de la stabilité et de la croissance

La crise qui frappe l’Europe sur le long terme touche majoritairement trois catégories de citoyens : les femmes, les jeunes et les étrangers. En Espagne par exemple, le taux de chômage des jeunes dépassent les 50%, auxquelles il faut bien entendu ajouter les nombreux emplois précaires.

The beggar - Millenium Bridge, London, England UKDans le cadre d’une conférence organisée par le Partito Democratico de Genève, le city group du PSE de Genève et le syndicat UNIA, Sergio Cofferati avait fait le déplacement en Suisse romande. Quelques jours après le lancement d’une campagne sur l’emploi des jeunes en Europe par le Parti Socialiste Européen, c’est Renzo Ambrosetti, Coprésident du syndicat UNIA, et président de la Fédération Européenne des Métallurgistes qui introduit le sujet en constatant ce que chacun d’entre nous observe depuis de longs mois : l’Europe est à la dérive. Une dérive préoccupante. Affichant une volonté de reprendre en main l’économie financière qui détruit l’économie réelle et les salaires, son discours restera sur la nécessité de reconstruire l’Europe et cette Union Européenne qui doit retrouver sa composante sociale.

Lorsque Sergio Cofferati, député européen, ancien Maire de Bologne et grand leadeur syndical prend la parole en affirmant d’ambler que la cause de la crise est le manque de contrôle sur la spéculation financière aux États-Unis et la solution pour l’Europe est aujourd’hui, justement, davantage de contrôle sur cette spéculation financière, le silence fait face. L’orateur peut dérouler son discours qui touche tour à tour l’économie financière, la droite européenne, sans oublier le manque de volonté de la gauche européenne lorsqu’elle disposait d’une majorité au niveau supranational.

Pourtant l’Union qui est tant détestée garde, jusque dans ses racines, un intérêt pour sa société. En témoigne le langage utilisé aux États-Unis suite à la crise. La commission d’enquête parlementaire américaine s’intitulait « Commission d’enquête sur la crise financière », alors que celle de notre Parlement Européen y intégre les volets économique et social. Cet intérêt pour la société ne résout pas le problème. En témoigne un élément aberrant dans notre Union : l’économie va mal, mais la finance va bien.

Plan d’austérité sur plan d’austérité, l’Europe suffoque, elle se dirige vers le gouffre qu’elle a elle-même creusé. Une situation tellement grave que nous sommes rendus à nous féliciter non lorsque le chômage ne diminue pas mais lorsqu’il croit moins vite. Le pacte de stabilité et de croissance qui devait amener le développement s’est borné à faire de la stabilité sa priorité en refusant d’admettre que les deux étaient liés. Chacun est d’accord pour admettre que la stabilité financière et budgétaire est très importante, mais sans croissance elle n’est rien. Or la situation à laquelle nous faisons face aujourd’hui, avec des États très endettés, un chômage et une pauvreté de masse, ne peut être résolue sans croissance.

Se félicitant de l’élection de François Hollande et de son inflexion vers la croissance, Sergio Cofferati  va pourtant plus loin. La croissance est un élément essentiel pour l’avenir économique et social, mais sur le plan politique, Cofferati plaide pour un nouveau traité européen, avec un ministre de l’économie, amenant à un fédéralisme. Là où il est essentiel d’accorder au député européen un crédit et de se féliciter de sa volonté fédéraliste, un énième traité serait mal apprécié par les peuples à l’heure actuelle, quand bien même son acceptation résoudrait bien des problèmes. Pourtant, une union économique et fiscale est la solution à une zone monétaire unique.

La solution quant à l’avenir de l’Union Européenne et son adhésion populaire de la part de l’ensemble des citoyens doit dès lors s’articuler autour de trois éléments principaux :

  • La commission, telle qu’elle est designée, ne répond pas aux demandes des citoyens. Il convient d’élire son Président au suffrage universel direct.
  • Une politique d’investissements associé à des dépenses publiques intelligentes de la part des États et de l’Union (mise en place d’eurobonds)
  • Mise en place d’une Taxe sur les Transactions Financières permettant de réduire la spéculation et apporterait des ressources propres à l’Union. Cette solution est admise par la quasi-totalité des États membres, les divergences sont cependant massives sur la forme.

Pour Jean-François Copé, 94% des français sont des « minables »

Deux mondes, c’est peu que de l’affirmer aujourd’hui, c’est pourtant bien réel: la France est divisée. D’un côté ce monde réel, ce monde dans lequel vivent la majorité des français, celui où les difficultés désignées comme celles de la « fin du mois » débute le 15ème jour de chaque mois, un monde de privation, un monde où le bonheur ne rime pas avec argent mais avec amitié, famille, ou encore culture. De l’autre, un monde d’excès, où la fin du mois n’existe pas, un monde où l’argent est roi, sans se soucier du lendemain.

Car aujourd’hui en France, à moins de 5000€ par mois, vous êtes un « minable« . Je ne l’affirme pas, je ne fais que répéter ce que Jean-François Copé a dit sur Soir 3. Dès lors, la France est constitué à 94% de minables, de gens qui ne méritent rien de mieux que ce qu’ils ont déjà.

Pourtant ces 94% de français participent à la richesse de notre pays, mieux, ils engendrent le bonheur de ces 6% de gens respectables. Une aberration. Un manque de respect même de la part de ces 6% envers les 94% restants.

Plutôt que de discriminer ces 94% de la population française, de parler de Jeanne d’Arc ou de faire campagne sur des fonds publics, de nommer des condamnés représentants de la France à l’étranger ou encore de cumuler les mandats, le prochain dirigeant français se devra de s’intéresser au redressement économique, à l’emploi et au soutien au pouvoir d’achat. Quelles solutions sont à mettre en œuvre ? Une véritable politique industrielle et de soutien aux PME, avec notamment la création d’une Banque publique d’investissement et d’un livret industrie. La réforme pour la justice fiscale, afin que chacun contribue à l’effort selon ses capacités, mettra fin aux privilèges insupportables accordés ces dernières années. Enfin, l’instauration d’une taxe sur les transactions financières devra voir le jour. En effet, Nicolas Sarkozy prétendrait, à moins de 2 mois de la fin prévue de la session parlementaire, vouloir faire adopter une telle taxe, selon des modalités dont on ignore aujourd’hui tout. Cette taxe n’est pas une nouveauté puisqu’elle est défendue depuis de nombreux mois par le Parti Socialiste Européen, notamment au Parlement Européen avec un vote regroupant tout autant des députés de gauche, du centre et de droite. Ainsi, comme l’affirme Jérôme Cahuzac :

[...] si l’UMP voulait vraiment faire adopter une telle taxe, pour réduire la spéculation et disposer de ressources supplémentaires, elle avait tout loisir de le faire depuis 2007. Depuis cette date, les députés socialistes ont déposé des amendements proposant l’instauration d’une telle taxation à une dizaine de reprises. Ils ont à chaque fois été rejetés par la majorité. [...]

Que cette annonce intervienne aujourd’hui ne trompe personne. Plus le temps passe et plus la litanie des annonces gouvernementales ressemble à la liste des errements et des lacunes de la politique menée depuis 2007.

De surcroît, annoncer cette mesure isolément sans que l’Allemagne s’y associe ne pourra que contribuer à affaiblir la France et l’Europe. On voit bien que Nicolas Sarkozy pense davantage à son avenir qu’au destin du pays. Ce n’est pas la marque d’un homme d’État.

Crédit photo: pprevert on Twitter.com

The #EU Unemployment Infographic

Source: The Institute of International and European Affairs

La droite creuse la dette c’est vous qui payez la note!

Depuis 2002, la droite a multiplié la dette par deux par une politique qui ne profite qu’à une minorité de français. Résultat, toujours plus de chômage, de précarité. La faute à la crise mais surtout, ne le cachons pas, à Sarkozy. Avec des cadeaux fiscaux de plus de 75 milliards d’euros, le gouvernement impose au pays une cure d’austérité brutale et injuste, désastreuse économiquement et financièrement inefficace.


La droite creuse la dette c’est vous qui payez… par PartiSocialiste

Indignés de Wall Street et Tea Party, même combat?

Les uns ont beaucoup, les autres n’ont rien, ou peu. Jeans et T-Shirts contre tailleurs et costumes 3 pièces. Les premiers sont « internationalistes » dans leur combat quand les seconds sont centrés sur leur Nation: les États-Unis d’Amérique. Les jeunes contre les vieux. La censure des médias contre le porte-voix de Fox News. Mais alors existe-t-il un, ou des, points communs entre le mouvement Occupy Wall Street et le Tea Party.

La plus grande indignation de chacun des deux mouvements concerne le dollar et son utilisation dans cette crise: sauver Wall Street. Ils sont, comme l’indique Jean-Sébastien Stehli, « furieux de la mise à mal de l’American Dream qui veut, entre autre, que chaque génération fasse mieux que la précédente, au moins d’un point de vue social, et tous les deux sont furieux contre un système qui leur paraît être une ploutocratie et non une démocratie« . Ce point commun et les points de divergences entre le Tea Party et Occupy Wall Street sont d’ailleurs très bien reflétés dans ce schéma présenté par James Sinclair:

Au fond, les deux mouvements font donc le même constat mais n’apporte pas les mêmes solutions. Sauf peut-être sur l’augmentation des taxes sur les plus riches, défendu par Occupy Wall Street et soutenu par 54% des Républicains. Dès lors aucun lien n’est possible entre les deux entités. Une alliance serait donc possible d’un point de vue critique mais elle serait plus que fragile dans le temps puisque après la critique viennent toujours les propositions. Si ce thème fait aujourd’hui les choux gras des politologues de l’autre côté de l’Atlantique, c’est sûrement dû au côté extravagant, extraordinaire, réactionnaire, poussant à la révolte et à l’indignation, comme le fit précédemment le Tea Party. C’est aussi reprendre les évènements du Printemps Arabe pour les appliqués à la finance mondiale symbolisée par le taureau de Waal Street. S’agissant du style, le Tea Party est anarchique sur ces principes et conservateur dans son style alors qu’Occupy Wall Street est anarchique dans son style et développe une pensée libéral dans ses principes. Dans les deux cas la politique américaine n’est pas habituée à ces mouvements, en témoigne la répression des journalistes couvrant le mouvement Occupy Wall Street.

Même si le Tea Party et Occupy Wall Street partagent certaines valeurs, il n’en demeure pas moins qu’une alliance semble très peu probable.

Crédit photo: Sara B. on Flickr.com

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