Retour en France

Une nouvelle vie, presque. L’année 2012, je l’avais intitulée « Change ». Sur le plan politique bien entendu, avec l’élection de François Hollande, avec la participation à l’équipe des volontaires de la veille et riposte en ligne.

Mais parce que le changement ne peut être abouti que lorsqu’il est complet, l’aventure s’est poursuivi durant les législatives, en étant suppléant de Nicole Castioni, la candidate du Parti Socialiste dans la sixième circonscription des Français de l’étranger. Puis, avec le temps, son directeur de campagne. Une campagne de plus d’un an, intense, intéressante et enrichissante aussi. De rencontres en recherches, de déplacements en fiches techniques, des relations avec la presse à la mobilisation de terrain, c’est surtout une aventure humaine que j’ai ici vécu.

Après trois formidables années à Genève, il est temps d’appliquer le slogan. Il est temps de partir, sans fuir, il est temps de découvrir. Direction Paris, nouvelle vie, nouvelles habitudes, nouvelles rencontres et nouveaux combats. Je n’ai jamais apprécié militer dans des milieux acquis à la cause qui me tient à cœur. Alors tant qu’à faire, tant qu’à se battre, j’irai mobiliser là où la formidable équipe d’Axel Kahn a fait un travail retentissant durant les dernières législatives. J’irai convaincre et écouter sur les terres de Rachida Dati.

Retour aux sources donc, à cette France que je n’ai jamais vraiment quittée malgré quatre années passées à l’étranger. Décidemment en 2012, le changement, c’est maintenant.

Leçon de défaite (et de victoire)

18 mois. 18 mois de campagne. 18 mois de rencontres. 18 mois de travail. 18 mois à convaincre. 18 mois sans cesse sur le terrain jusqu’à ce dimanche 17 juin. Le score final est sans appel, 57,5% pour Claudine Schmid avec 3’543 voix d’avance. Nicole Castioni réunit donc 42,5% des suffrages. Un score honorable et remarquable lorsqu’on le compare avec les résultats des présidentielles : le PS fait 5 points de plus que lors des présidentielles au second tour.

Les raisons de cette défaite sont principalement au nombre de trois :

  • La sociologie de l’électorat suisse, qui est clairement orienté à droite de l’échiquier politique ;
  • La faible mobilisation puisque seulement 23,37% des électeurs ont participé au scrutin ;
  • La faible structuration en réseau des militants et sympathisants de gauche.

On peut aussi remettre en question certains choix politiques, en somme on peut refaire la campagne par les mots. Il n’est pas nécessaire de le faire. Nicole Castioni et toute notre équipe avons fait une très belle campagne, à l’écoute de chacun.

Au-delà de la 6e circonscription des Français de l’étranger, les 10 autres sont largement passées à gauche, allant à l’encontre de tous les pronostics. La Fédération des Français de l’Étranger du Parti Socialiste comporte désormais 7 députés, elle devient la 8e fédération en terme de députés élus, au même niveau que le Nord ou la Seine-Maritime.

Un grand bravo à Corinne Narassiguin (Amérique du nord), Axelle Lemaire (Royaume-Uni et Europe du Nord), Philip Cordery (Benelux), Arnaud Leroy (Monde ibérique), Pierre-Yves Le Borgn’ (Allemagne et Europe centrale), Daphna Poznanski (Israël et Europe du sud) et Pouria Amirshahi (Maghreb et Afrique de l’ouest) qui participeront au changement.

Et si les homos donnaient du sang ?

Don du sangInstaurée en 2004 à l’initiative de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la Journée Mondiale des Donneurs de Sang (JMDS) se déroule tous les 14 juin, date de la naissance de Karl Landsteiner, médecin autrichien qui a découvert le système ABO des groupes sanguins. Pour cette découverte capitale, il recevra en 1930 le prix Nobel de médecine.

On le répète régulièrement : il manque de dons du sang en France. Début 2009, la Ministre de la santé de l’époque, Roselyne Bachelot, avait allongé l’âge limite de don de 65 à 70 ans. Un progrès certes, mais qui s’était accompagné du maintien de l’exclusion du don des hommes homosexuels. Son successeur, Xavier Bertrand, s’était déclaré régulièrement favorable, mais les paroles n’ont pas été suivies des actes.

Deux critères restent éliminatoires pour faire face à un don du sang en France :

  • Avoir des pratiques à risque
  • Être homosexuel

Interdire à vie le don du sang aux gays au seul motif de leur identité revient à assimiler l’homosexualité à une conduite à risques. Cette interdiction est discriminatoire comme l’ont déjà reconnu le Comité national d’éthique en juin 2002 et la Halde en février 2006. Jean-Luc Romero, président d’Elus Locaux Contre le Sida (ELCS), affirme que cette mesure « est totalement disproportionnée au regard de la sécurité transfusionnelle dont personne ne conteste l’importance et qui est assurée par les méthodes modernes de collecte et de conservation du sang. Au moment où le sang manque cruellement dans les établissements de soins français, que si une mesure est bien dangereuse pour la santé publique, c’est bien d’empêcher une partie de la population de donner son sang.« 

Dans une interview à Newsring, Jean-Luc Romero va plus loin et affirme :

« Espagne ou en Italie, quand vous faites partie d’une population à risque, la première fois on fait un test. Vous revenez dans quatre mois, par exemple, si c’est bon vous pouvez donner. On résout ainsi le problème de la fenêtre sans discriminer toute une population. C’est ce qu’on fait pour les populations à risque important, comme les gens qui arrivent d’Afrique du Sud.

Bien sûr, il ne s’agit pas de faire comme l’Angleterre : vous êtes acceptés si vous vous êtes abstenus pendant un an… Franchement, est-ce qu’on se permettrait de demander ça à des hétéros ?

S’il y a tant de résistance en France, c’est parce que l’EFS est traumatisé par l’affaire du sang contaminé. L’établissement réunit beaucoup d’associations de donneurs, il est très puissant, a impressionné tous les ministères. Ils ont une trouille absolue et sont dans le principe de précaution totale.

Pendant ce temps, beaucoup de jeunes gays qui n’ont jamais eu de relations sexuelles sont pourtant interdits de don, ils ne comprennent pas. Se voir signifier qu’être gay est un comportement à risque est vécu très violemment.« 

François Hollande l’avait promis, c’est Marisol Touraine qui l’affirme aujourd’hui, « le critère ne peut pas être la nature des relations sexuelles ou l’inclination sexuelle. [...] Le seul critère, c’est celui du risque et de ce point de vue-là, nous allons avancer pour faire en sorte que les hommes, qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, soient en mesure de donner, puisque ce n’est pas, en soi, un facteur de risque.« 

En attendant cette évolution du droit dans « les mois qui viennent« , vous pouvez donner votre sang.

Billet inspiré d’Arnaud Mouillard.

Des mensonges pour un soutien à Schmid

C’est désormais une tradition en politique : mentir pour se faire élire est l’arme préférée de certains candidats, davantage encore à droite. Le premier soutien à la candidate UMP dans la 6e circonscription des Français de l’étranger est un grand inconnu dans le paysage politique : le Parti Social-Démocrate Européen. Soutien de François Bayrou au premier tour de la présidentielle, puis François Hollande au second tour, il vient d’apporter son soutien à Claudine Schmid, candidate UMP aux législatives…. Cherchez l’erreur.

Expliquant son ralliement quelques heures seulement après la clôture du scrutin et avant même les résultats définitifs dans un message aux Français de Suisse, le PSDE utilise 3 moyens pour se faire remarquer :

  • Les fautes d’orthographe
  • Les mensonges
  • L’absence de toute ligne politique

Le message est d’abord intitulé « 2nd tour et soutien à Claudine Schmid: expliquation de la prise de position ». Vous observez la très belle faute, un message qui n’a sûrement jamais été relu.

C’est ensuite une énumération de mensonges, tous plus grands les uns que les autres :

  • « Depuis le 6 mai, le PS a malheureusement confirmé sa volonté de matraquage fiscal des classes moyennes sous couvert d’un sur-matraquage fiscal des entrepreneurs les plus efficaces. »

Si renforcer l’imposition des revenus très aisés, augmenter l’allocation de rentrée scolaire de 25%, favoriser l’investissement des PME et TPE en réduisant leur fiscalité, c’est nuire aux classes moyennes, alors il faut que je retourne sur les bancs de la faculté d’économie, que j’ai pourtant, avec succès, fréquenté durant 3 ans. D’autant plus que c’est désormais démontré pour la France, c’est la droite qui augmente le plus vos impôts.

  • « Le caractère triomphaliste et hégémonique du PS français provoque un manque de coordination avec les autres parti sociaux démocrates, notamment en Allemagne et en Italie. »

On en rigole tellement c’est gros. Le PSDE et son candidat Joseph Kuszli ne lisent-ils pas l’actualité, sont-ils coupés du monde ? La coordination a eu lieu et a toujours lieu. En témoigne la coordination permanente des Chefs de Gouvernement ou Chefs de l’opposition des différents partis sociaux démocrates européens au sein du Parti Socialiste Européen. Le dernier en date ? Le 23 Mai 2012.

  • « le PSDE considère la candidate UMP plus proche des positions fédéralistes du PSDE que les positions floues en la matière de la candidate socialiste. »

Si on reprend les positions de François Hollande et de nombre de ses ministres, largement pro-européens, on ne peut que constater un pro-fédéralisme. Enfin, si le PSDE s’était un peu renseigné, s’il avait ne serait-ce qu’interroger Nicole Castioni sur le sujet, il saurait peut-être qu’elle est largement pro-européenne et que moi-même, son suppléant, je suis largement fédéraliste. Mon engagement pro-européen n’est enfin plus à démontrer du fait de mon parcours politique, associatif et académique en faveur de l’Europe. S’agissant de l’UMP, là encore le PSDE ne doit pas avoir de mémoire car les cinq dernières années ont été marquées par cinq années d’intergouvernementalisme approfondi, au détriment des pays de l’Union, facilitant ainsi la crise dans laquelle nous sommes. Bien loin donc du fédéralisme.

Enfin, il suffit de rappeler que le seul et unique Parti européen qui rassemble l’ensemble des partis sociaux-démocrates et progressistes européens est le PSE (Parti Socialiste Européen) pour montrer ô combien le PSDE est une entité qui a utilisé le marketing durant cette campagne, sans se soucier du fond des problèmes, sans se soucier des électeurs. Loin donc de la majorité pour le changement.

Un marketing d’ailleurs très faussé puisque le PSDE, en jouant sur les mots, a voulu se faire passer pour le Parti Socialiste Européen qu’il n’est pas. Sans oublier l’utilisation du logo MoDem sur la profession de foi du premier tour, alors que l’investiture MoDem revenait à Bernard Garcia.

Les blogueurs pour une majorité au changement

Comme dans toutes campagnes et davantage encore avec la campagne de François Hollande, la présence en ligne des candidates et candidats pour le changement est essentielle. Les Leftblogs, actifs pendant la présidentielle et bien évidemment durant ces législatives sont aux côtés des candidats de leurs circonscriptions :

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