Il est toujours des leçons à tirer d’ailleurs, en l’occurrence de l’étranger. En matière de communication politique, la France n’est pas en reste même si cette campagne utilise internet comme outil de visibilité, de relais auprès des militants, d’influence envers les citoyens.
Cette campagne présidentielle française s’articule, sur le web, principalement autour de 3 canaux, tout du moins pour la grande majorité des citoyens : les médias en ligne, les blogs et les réseaux sociaux. Les sites de campagne des candidats sont en ce sens particulier puisqu’ils ajoutent du contenu officiel tout en recoupant et utilisant certains canaux tels que les réseaux sociaux. On assiste ainsi à un effet démultiplicateur.
S’agissant des réseaux sociaux, celui au petit oiseau bleu ciel, Twitter, est largement dominé par François Hollande. Le réseau bleu foncé, celui de Mark Zuckerberg, est lui à l’avantage de Nicolas Sarkozy en termes de nombre de fans, c’est à dire quantitativement mais pas qualitativement. La diffusion de contenu est quant à elle propice à l’extrême droite, au candidat du Front de gauche, et encore une fois à François Hollande. Faire du bruit est une consigne propre à toutes les équipes de campagne, afin de relayer un message, de le porter auprès du plus grand nombre d’abonnés à ces réseaux sociaux. Sur ce point c’est bien le ras-le-bol de Sarkozy, et son hashtag sur Twitter #SarkoCaSuffit, qui sort grand vainqueur, et c’est bien entendu l’équipe web de François Hollande et ses nombreux relais qui se cache derrière cette montée en puissance. En bonne place dans les sujets les plus discutés durant tout le week-end et ce début de semaine c’est la volonté de mettre fin à cinq années de Présidence d’une droite dure qui est la grande tendance.
Mais alors faut-il faire confiance en ces réseaux sociaux, ou plutôt faut-il voir en eux une réelle influence ? La réponse est majoritaire parmi les spécialistes : un grand non. Cependant, autre réponse en chœur : les tendances qui figurent parmi ces réseaux sociaux traduisent bien souvent les tendances en cours et à venir dans cette vraie vie, dans les urnes. La preuve me demanderez-vous ? Les audiences télévisées d’hier soir :
- TF1 – Frédéric Nihous au 20h : 6,1 millions de téléspectateurs
- France 2 – Nicolas Sarkozy au 20h : 5,2 millions de téléspectateurs
- France 3 – Plus Belle La Vie : 7 millions de téléspectateurs
Et remettre en cause l’importance de ces canaux de diffusion en ligne serait masquer la réalité, en témoigne la volonté de l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy de mettre fin aux différentes parodies de son compte sur Twitter. Des suppressions de comptes dénoncées comme de la censure par l’équipe de campagne de François Hollande et de nombreuses activistes défenseurs de la liberté d’expression en ligne.
La France ne pourra jamais égaler une campagne présidentielle américaine dans le sens où les moyens financiers ne sont pas les mêmes, la population visée non plus : près de cinq fois plus aux États-Unis. Cependant, justifier un bilan, même en utilisant des moyens très louables et une mise en scène basée sur les réseaux utilisés par les électeurs eux-mêmes comme le fait Barack Obama, ne sera pas possible en France tant le bilan de Nicolas Sarkozy est abominable. Son équipe de campagne aurait peut-être pu s’inspirer de ce clip, mais il n’y aurait presque rien à mettre dedans :




