À l’heure des grandes manifestations et des nombreuses critiques à l’encontre de la réforme réformes des retraites, je vous propose la lecture d’une très bonne proposition de la section du Parti Socialiste de New-York, Fédération des Français de l’Étranger.
Nous comprenons et approuvons les grandes lignes du projet de réforme des retraites présenté par le PS actuellement, comme contre-projet dans le cadre du bras de fer actuel avec le gouvernement Sarkozy-Fillon.
Cependant, si ce projet de réforme doit servir de base à nos propositions pour un projet de législature en 2012, nous le trouvons très insuffisant.Mieux prendre en compte les mutations du monde du travail
Dans le texte de convention nationale sur le nouveau modèle de développement, nous proposons la formation tout au long de la vie et un système de sécurité sociale professionnelle, car nous savons que la mobilité professionnelle est devenue nécessaire et souhaitable.
Pour autant, dans ce projet de réforme des retraites, nous n’abordons pas la question de la complexité de notre système de retraite par répartition géré par les partenaires sociaux, divisé en plusieurs caisses d’assurance vieillesse selon le statut et la profession, et modulé par des conventions collectives nombreuses et diverses.
Si nous partons du principe qu’il est normal qu’aujourd’hui et à l’avenir, la plupart des actifs changent d’entreprise et même de métier plusieurs fois dans leur vie (y compris entre le public et le privé), et dépendraient donc au cours de leur carrière de différentes caisses d’assurance vieillesse et conventions collectives, ne devrions-nous pas chercher à simplifier le système de calcul des droits à la retraite, en harmonisant par le haut ?
Maintenir un système aussi complexe sans l’adapter aux mutations du monde du travail, c’est prendre le risque de voir notre système par répartition dégénérer en usine à gaz.Simplifier le système en mettant tout à plat pour augmenter sa visibilité, c’est aussi un moyen de le rendre plus juste. Avec plus de transparence, nous pourrions réduire les niches sociales dans un esprit de justice sociale. Ceci permettrait également d’éviter de propager le sentiment que certains profitent des failles, abusent le système.
Par exemple aux Etats-Unis, le relevé annuel de la social security (système fédéral de retraite par répartition), résume les contributions annuelles depuis le premier emploi et donne une estimation des pensions dues avec une formule qui ne dépend pas du type d’emploi. Profession libérale, parlementaire, salarié, agriculteur … tout le monde a la même formule. Cette visibilité rend le système simple à comprendre, et permet à chacun de mieux planifier sa retraite tout au long de sa carrière professionnelle.
Augmenter l’employabilité des seniors
Nous accueillons très favorablement les propositions de la présente réforme des retraites du PS, pour augmenter le taux d’emploi des seniors.
Cependant nous pensons que ces mesures ne produiront pas d’effets suffisants si nous ne levons pas certaines barrières pour les entreprises. En effet, le coût du départ à la retraite peut être élevé pour l’employeur, en raison notamment du paiement des indemnités de fin de carrière.
Selon le droit du travail, c’est le dernier employeur qui a l’obligation légale de verser ces indemnités, et selon la convention collective qui s’applique, le montant de ces indemnités peut être très élevé car il peut prendre en compte non seulement l’ancienneté de l’employé dans l’entreprise, mais aussi dans la profession.
Ceci est un frein important à l’embauche des actifs au-delà de 55 ans.
Il faudrait simplifier le système de calcul des indemnités, et surtout s’assurer que ce coût est supporté par toutes les entreprises pour lequel l’actif a travaillé tout au long de sa carrière, et pas seulement par la dernière entreprise au moment du départ à la retraite.Faciliter les départs à la retraite à la carte
Le texte du PS contient des propositions créatives pour permettre une meilleure gestion individuelle des carrières, valoriser l’emploi des séniors et permettre à ceux qui le souhaitent de travailler plus longtemps.
Il nous semble tout de même que nous pourrions être plus précis dans nos propositions, pour favoriser les départs à la retraite progressifs à partir de 60 ans, l’âge légal de départ à la retraite.
Par exemple, aux Nations Unies, il existe un système en 3 paliers pour les retraités qui souhaitent rester partiellement actifs :
- Retraite de l’ONU acquise, et travail rémunéré à moins de $22,000 dans l’année : il est possible de cumuler la retraite et le salaire, sans versement de cotisations au système de retraite.
- Retraite de l’ONU acquise, et travail rémunéré à plus de $22,000 dans l’année : le versement des pensions de retraite est suspendu, seul le salaire peut être perçu, sans versement de cotisations au système de retraite.
- Retraite de l’ONU acquise, et travail rémunéré à plus de $22,000 dans l’année avec un contrat de travail d’au moins 6 mois : le versement des pensions de retraite est suspendu, seul le salaire peut être perçu, avec versement de cotisations au système de retraite.
Ce mécanisme permet à l’ONU de proposer à leurs employés des solutions de départ progressif et personnalisé à la retraite, et de pourvoir facilement aux besoins en ressources humaines pour des projets courts, des surcroîts temporaires ou saisonniers d’activité, en s’appuyant sur des retraités qui peuvent être immédiatement opérationnels (comparés à des intérimaires ou des stagiaires qui auraient besoin de formation/transfert de savoir préalable).
Nous pourrions prendre exemple de ce qui se fait aux Nations Unies pour proposer un système similaire en France.Nous espérons que ces quelques exemples stimuleront des discussions pour une réforme audacieuse et juste de notre système de retraites.
Crédit photo: Wandalouzy on Flickr.com




