ACTA, quatre lettres qui font débat. Grand bruit même. Un texte sur lequel on tire à boulets rouges. Dès 2010, le Parlement Européen condamne le manque d’information sur ACTA. L’annonce ce mercredi de la saisine de la Cour de justice de l’UE par la Commission européenne dont l’ensemble des groupes politiques se sont réjouis. Une nouvelle série de manifestations à travers l’Europe prévue pour ce samedi. 2,5 millions de signataires pour la pétition en ligne d’Avaaz contre ACTA. Explications.
ACTA signifie Anti-Counterfeiting Trade Agreement, Accord commercial anti-contrefaçon en français. Le texte vise à établir un nouveau cadre juridique que des pays peuvent rejoindre volontairement et à créer un organisme de gouvernance propre, en dehors des institutions internationales déjà existantes telles que l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, pourtant très compétente en la matière. Le texte porte sur les marchandises, notamment les produits contrefaits, les médicaments génériques ainsi qu’aux infractions au droit d’auteur sur Internet. C’est ce dernier sujet qui a lancé la vague de protestation en ligne puisque le texte aborde aussi les infractions au droit d’auteur dans le contexte d’« Internet et des technologies de communication ».
Pourtant, bien avant la signature de l’accord par l’Union Européenne le 26 janvier dernier et la démission de Kader Arif, son rapporteur au Parlement européen, qui s’en suivit, les interrogations de la société civile étaient nombreuses. Un manque de transparence d’abord puisque les négociations officielles débutées en 2008 n’aboutirent à un texte public qu’en avril 2010. Un objectif légitime : une réponse à « l’augmentation dans le commerce international des contrefaçons et des produits sous copyright piratés » qui a cependant aboutit à un renforcement démesuré du pouvoir du droit d’auteur. Ainsi, le contenu d’ACTA est dans l’esprit des lois Hadopi en France, ou encore SOPA et PIPA aux USA. Sur l’application, comme l’affirme l’eurodéputée Amelia Andersdotter on « encourage de façon implicite [les ayants-droits et fournisseurs d’accès à internet] à endosser la responsabilité de juger là où il y a une infraction, comment on y met fin […]. Si nous nous dirigeons vers une mise en application de la loi, alors que ce soit sous une autorité juridique. Vous ne pouvez pas privatiser la mise en application de la loi ».
Sur le contexte, l’eurodéputée suédoise va plus loin :
J’ai été surprise par le culot de Sopa et Pipa. Ces propositions de loi sont si stupides, je ne comprends pas d’où ça vient. Elles proposaient de donner aux institutions américaines un pouvoir juridique direct sur les systèmes DNS, pour faire fermer des sites. Il me semble étrange qu’un pays puisse appliquer ses lois sur la propriété intellectuelle partout dans la monde. Il n’est pas bon d’appliquer extra-territorialement une législation qui est critiquée sur son propre sol. Sur Sopa, j’ai l’impression qu’un représentant du Congrès a reçu une feuille de papier, l’a lue en vitesse et l’a soumise au débat.
Owni.fr a réalisé une très bonne infographie au sujet de la ratification d’ACTA au Parlement Européen :
Crédit photo: Site-Blocking Protest & Owni.fr





