La nouvelle guerre: Apple vs. Google vs. Microsoft

Gizmodo a fait un visuel qui résume très bien la guerre que se livrent Apple, Google et Microsoft… Rien à dire de plus… Ah si, l’article également est très bien!

(Pour ceux qui n’auraient pas compris, cliquez sur l’image pour l’agrandir…)

Le SEAE de Lady Ashton ou la séduction ratée des europuniens (1/2)

Conséquence de l’entrée en vigueur le 1er Décembre 2009 du Traité de Lisbonne, le Conseil a demandé à la fraîchement nommée Haute Représentante pour les Affaires Étrangères et la Politique de Sécurité (ci-après HR), Lady Ashton, de mettre en œuvre le Service Européen d’Action Extérieur (SEAE).

La Haute Représentante a un statut bien complexe : elle est membre de la Commission à part entière mais a un statut propre en dehors de celle-ci. Elle a des fonctions multiples, qu’elle exerce en solo ou de façon « conjointe » à la Commission européenne. On peut classer ces différents pouvoirs en sept catégories : initiative, gardien des principes et acteur du consensus, exécution de la PESC, gestion de la PSDC, chef du service diplomatique, représentation extérieure et action auprès des organisations internationales, information et consultation du Parlement européen. Elle devra tenir d’une main de fer un des plus grands services de l’Union Européenne.

Ce véritable corps diplomatique européen sera fort de 7’000 diplomates et 136 représentations de part le monde. Si l’on y ajoute les corps diplomatiques des États membres, cela fait un total de plus de 2’000 ambassades et près de 1’000 consulats. En comparaison, les États-Unis en ont 13 fois moins, ce qui ne les empêche pas d’être 3 fois plus efficaces[1].  Ce service a pour objectif de mettre en œuvre une politique étrangère européenne commune axée autour de 3 qualificatifs : intelligente, claire et précise. Il aura pour responsabilité de préparer les décisions de la commission sur les stratégies en matière de politique de développement et de voisinage, il devra également mettre en œuvre le budget alloué à ces politiques, budget qui devra être voté par le Parlement.

Après avoir entendu les demandes du Conseil Européen et du Parlement, Lady Ashton a présenté son projet le 25 Mars dernier. La structure, note Jean Quatremer, est proche de celle d’un ministère des affaires étrangères classique avec un secrétaire général tout puissant qui a sous ses ordres deux adjoints, l’un chargé de faire tourner la boutique, l’autre étant proche d’un « directeur politique ». Enfin, le projet de Lady Ashton intègre la Direction Générale « Relations Extérieures » qui est réorganisée en Directions Générales thématiques et régionales. Il intègre également les organes de gestion de crises, civils et militaires actuellement placées sous la responsabilité du Conseil des ministres. Élément discordant : le SEAE n’intégrera cependant pas les commissaires eux-mêmes.

Bien sûr, le service diplomatique européen n’est pas nouveau. La figure emblématique de Javier Solana est ancrée dans nos mémoires. Il n’en reste pas moins que celui qui fut longtemps professeur de physique avant d’entrer en politique avait sous ses ordres un service diplomatique qui était davantage sous les ordres de la Commission. Le Haut Représentant pour la Politique Étrangère et de Sécurité Commune s’apparentait davantage à un Haut fonctionnaire qu’à une véritable incarnation du politique dans les affaires diplomatiques. Le service que Lady Ashton doit mettre en œuvre est davantage un corps diplomatique, une sorte de Ministère sous les ordres de la Haut Représentante, de la ‘EU Chief Diplomacy’ comme l’abrège déjà les médias anglo-saxons.

Qui dit nouveau projet, dit obligatoirement opposition. Lady Ashton présentant un projet sur ordre du Conseil Européen, le Parlement Européen, qui doit valider le projet sur les plans financier et humain afin qu’il entre en vigueur, a provoqué une levée de bouclier inédite, allant bien au-delà des clivages partisans[2]. Le Secrétaire Général est ainsi vu comme agissant telle une araignée[3] sous la seule autorité de la HR, prenant ainsi toutes les mesures nécessaires au bon fonctionnement du SEAE, incluant la gestion administrative et budgétaire[4]. On reconnaît ici, comme le constate Philippe Ricard et Jean-Pierre Stroobants[5], l’inspiration structurelle franco-anglaise. Le mécontentement du Parlement Européen réside également dans le fait que la Haute Représentante n’ai en aucun cas suivi les recommandations du Parlement[6]. Ainsi, face au projet de Service Européen d’Action Extérieur, on constate deux positions institutionnelles : d’un côté le Conseil Européen et le Conseil des Ministres soutiennent le projet et ne critiquent plus la personnalité de la Haute Représentante comme ils ont pu le faire auparavant[7]. De l’autre côté, le Parlement qui, autour du Parti Socialiste Européen (PSE), de l’Alliance des Libéraux et Démocrates Européens (ALDE), des Verts-Alliance Libre Européenne (Verts/ALE) et du Parti Populaire Européen (PPE) présente une contre proposition. Pour ces eurodéputés, note Nicolas Grosverheyde[8], ce service d’action extérieur doit être aussi large et aussi proche de la Commission que possible. Il doit être le plus connecté possible à la Commission européenne, aux niveaux administratif et budgétaire afin éviter les doublons. Cette contre-proposition met en effet fin à la séparation artificielle SEAE/Commission[9], car même s’il ne s’agit pas d’une institution définit par les traités, ce service n’est pas pour autant un bureau ou une agence puisqu’il a davantage de compétences et de pouvoirs[10]. Le ‘top-office’ concentrerait la Haute Représentante, 3 adjoints politiques responsables devant le Parlement, et également, élément très important, trois commissaires européens, respectivement au développement, à la politique de voisinage, et à l’aide humanitaire. Enfin, les Directions Générales restent sous les ordres du ‘top-office’ mais sont réorganisées en cinq DG : la DG Développement qui regroupe certains pôles régionaux ; la DG Politique Étrangère incorporant certains pôles régionaux ainsi que des pôles thématiques tels que les droits humains ou la politique de voisinage ; la DG Coopération ; la DG Gestion de Crise, maintien de la paix, avec sous son aile le Comité Politique et de Sécurité (COPS) ; enfin, la DG Multilatérale qui regroupe notamment les bureaux de liaisons avec les organisations internationales.

La deuxième partie de cette article est disponible ici.


[1] José Ignacio Torreblanca, Guerra de trincheras, El País, 29 Mars 2010, http://www.elpais.com/articulo/internacional/Guerra/trincheras/elpepiint/20100329elpepiint_5/Tes/

[2] Nancy Isenson, EU foreign policy head fails to charm with diplomatic service plans, Deutsche Welle, 26 Mars 2010, http://www.dw-world.de/dw/article/0,,5392092,00.html

[3] Ashton puts French ‘spider’ at centre of EEAS web, EurActiv, 26 Mars 2010, http://www.euractiv.com/en/future-eu/ashton-puts-french-spider-centre-eeas-web-news-382034

[4] Ashton makes concessions to parliament on diplomatic service, EU Observer, 24 Mars 2010, http://euobserver.com/?aid=29748

[5] Philippe Ricard et Jean-Pierre Stroobants, Catherine Ashton présente l’architecture du futur service diplomatique européen, Le Monde, 26 Mars 2010, http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=e5c0f08ad18c9b162e1061d97c7193db7f8f9c370f087d31

[7] Diplomatie: les 27 apportent un soutien empli d’attentes à Ashton, Le Point, 6 Mars 2010, http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-03-06/diplomatie-les-27-apportent-un-soutien-empli-d-attentes-a-ashton/924/0/431007

[8] Nicolas Grosverheyde , Le PE dicte ses trois volontés à Cathy Ashton, Bruxelles2, 25 Mars 2010, http://bruxelles2.over-blog.com/article-le-pe-dicte-ses-trois-volontes-a-cathy-ashton-47305158.html

[9] MEPs reject Ashton’s reform blueprint, The Irish Times, 26 Mars 2010, http://www.irishtimes.com/newspaper/world/2010/0326/1224267101112.html

[10] SEAE : le Parlement entre dans le jeu des négociations, EurActiv, http://www.euractiv.com/fr/avenir-europe/seae-le-parlement-entre-dans-le-jeu-des-negociations-news-376169

Crédit photo: European Parliament on Flickr.com

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Le Kirghizistan, ou l'instabilité en Asie Centrale

Entre 50 et 100 morts, c’est le bilan d’une seule journée de violence à Bichkek, capitale du Kirghizistan, République d’Asie Centrale. Celle qui était vue depuis quelques temps comme la plus stable des républiques d’Asie Centrale a faillit à sa réputation. Mais pourquoi ?

Il ne s’agit pas d’une montée des manifestations sur le long terme mais bien de manifestations intense aboutissant sur un renversement du pouvoir en place, pouvoir fragile.

Arrivé au pouvoir par la Révolution des Tulipes de 2005, Kurmanbek Bakiyev se montra fin démocrate. Il tenu ses promesses jusqu’en 2009. Jusqu’à cette date, les analystes internationaux considéraient cette petite république montagneuse comme la plus stable et la plus démocratique des républiques d’Asie Centrale, en comparaison avec les régimes du Kazakhstan ou d’Ouzbékistan, par exemple. Cependant, depuis 2009, on a observé une montée de la corruption, un renforcement du pouvoir autoritaire, la nomination de membres de sa famille à des postes clés.

La presse ainsi muselée et des membres de l’opposition emprisonnés, la population n’a pas tardé à se faire entendre. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase fut l’interdiction du journal Forum. Des manifestations sont dès lors prévu le 7 avril, les gens sortent dans la rue, l’insurrection prend vie.

Comme l’a affirmé sur CNN la désormais Chef du Gouvernement par intérim, « I hope we have control of the whole situation, but there is a lot of work » . En effet, le gouvernement dans son ensemble est à reconstruire, l’administration également. Il semble bien que l’opposition ne s’attendait pas à un si rapide renversement de situation. Roza Otunbayeva fut Ministre des Affaires Étrangères et Premier Ministre sous le gouvernement qui précéda la Révolution des tulipes, elle fut également ambassadeur auprès des USA, du Canada et du Royaume-Uni. Elle était, jusqu’à aujourd’hui, député et chef de l’opposition au sein du Parti Social-démocrate.

Quels sont les enjeux ?

Bien sûr, comme tout État d’Asie Centrale, le Kirghizistan possède des ressources hydrocarbures dans sa partie sud. Mais sur le plan géostratégique, c’est davantage la base militaire américaine de Manas qui est importante. Celle-ci est l’élément clé de l’intervention de l’OTAN en Afghanistan. Elle voit défiler quelques 35’000 soldats par an, tous à destination de l’Afghanistan. Après avoir souhaité fermer la base en 2009 (en contrepartie de 2 milliards de roubles de la part de la Russie), Kurmanbek Bakiyev a reconsidéré sa volonté, non sans contreparties financières de la part des USA.

Le Kirghizistan, c’est également le pays qui fait frontière avec la Chine, qui est à la fois sous influence occidentale avec les USA, sous influence Russe et sous influence chinoise avec l’Organisation de Coopération de Shanghai. C’est ce pays enclavé entre l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Tadjikistan. Ce pays membre, entre autre, de l’OSCE, de l’OCE et de l’OMC se situe en constantes négociations entre une influence davantage occidentale ou russe, sous oublié l’influence chinoise, dans un pays à majorité musulmane, très proche de la région instable du Xinjiang.

Principal espoir démocratique, il est désormais ultra-fragilisé, et pourrait très facilement basculé dans l’horreur. Quelles solutions ? Sur le court terme, c’est bien sûr resté prudent, à l’image des USA et de la Russie, ne souhaitant pas soutenir un camp ou l’autre tant que les dés ne sont pas jetés. L’UE ou ses pays membres devra très rapidement envoyé une force de stabilisation. L’OSCE devra dépêcher rapidement des observateurs, afin de garantir la stabilité et la tenue d’élections libres dans environ 6 mois, comme l’a annoncé la Chef du gouvernement par intérim.

Plus généralement, les accords sur la base militaire de Manas vont jouer un rôle très important dans l’intervention à venir en Afghanistan. Un abandon de la base pourrait diminuer l’intervention de l’Otan sur ce terrain alors qu’un maintien pourrait permettre, collatéralement, une garantie de stabilité au Kirghizistan.

Crédit photo: Jurnal MD on Flickr.com

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COP15, un succès ?

Cette nuit, les principaux dirigeants de ce monde se sont mis d’accord lors du sommet sur le climat. Un accord qui laisse à désirer, un accord non contraignant où chaque pays restera libre de faire ce qu’il souhaite. À qui la faute ? Aux pays du Nord disent les pays du Sud. Aux pays du Sud disent les pays du Nord. Très bien, c’est fait, on en prend acte. De ce point de vue, le sommet de Copenhague est un pur échec, un simple et bref coup de vent au Bella Center.

Bien sûr, sans un accord au niveau étatique, au niveau mondial, on ne peut avancer réellement. Cependant, le sommet de Copenhague a mis en évidence un fait impressionnant : la conscience citoyenne. Car au fond, le sommet de Copenhague est un échec au niveau des gouvernants puisque le résultat est avant tout un greenwash. Mais il est un franc succès puisque partout dans le monde, les individus ont pris conscience que l’avenir passe par chacun d’entre nous, que le réchauffement climatique doit être combattu au jour le jour, à travers des actions concrètes, à la portée de tous. Et c’est bien cela qu’aura réussi COP15.

Bien sûr, l’engagement, l’implication des citoyens, même dans une très grande majorité, ne peut aboutir à une limitation du réchauffement climatique. Mais elle met en avant un fait : les hommes ont enfin pris conscience que leur avenir est en danger, que les gouvernants doivent agir. Il reste donc à transmettre ce désir, cette volonté à nos gouvernants. Cela doit passer par des actions politiques et techniques avant tout, et non plus seulement par un grand rush médiatique.

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L'ultimatum climatique se rapproche…

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