Alors que les Etats-Unis d’Amérique ne croient plus en une victoire en Irak et que le général Petraeus ne sait même pas si l’intervention américaine rend l’Amérique plus sûr 1, la France, par la voix de son Ministre des Affaires Etrangères, stigmatise l’Iran et ne cache pas son ambition à devoir intervenir militairement en Irak.

Après s’être déclaré favorable à des sanctions européennes contre l’Iran de manière accrues lors d’une rencontre avec Angela Merkel le 10 Septembre, Nicolas Sarkozy s’alignait sur Washington. Il faut également noter que le gouvernement français a récemment fait savoir qu’il demandait le gel des investissements en Iran 2. Cette action ne sera que négative, aussi bien pour le gouvernement irakien, que pour les entreprises française – par ailleurs déjà en faible croissance- ainsi que pour l’avenir de paix en Iran et dans le Moyen-Orient. Un contexte de paix et le développement d’un pays ou d’une nation ne se passe jamais séparément. Il est donc inutile d’espérer un avenir de paix au Moyen-Orient sans un développement économique en Iran. Les sanctions, nécessaires cependant, ne contribueront qu’à favoriser l’influence des milieux extrémistes. Il faudrait, dès aujourd’hui, appliquer des sanctions moins restrictives au niveau du commerce international et favoriser l’accompagnement vers le nucléaire strictement civil.
Cependant, la donne a depuis changée. En effet, aux sanctions accrues préconisées par notre Président s’ajoute désormais l’intervention de Bernard Kouchner lors du Grand Journal RTL-LCI-Le Figaro. Lors de cette émission, le résident du Quai d’Orsay n’a pas écarté la possibilité d’une intervention en Iran en réponse au programme nucléaire de ce pays. Cette évolution de la position française n’est évidemment pas la bonne, voir la pire -sauf peut-être une intervention immédiate ! – il s’agit en effet de menace directe vers une nation déjà qualifiée d’extrémiste par de nombreux pays occidentaux. Bien que cette qualification peut parfois être tentante, il n’en demeure pas moins que l’Iran est une force d’influence dans cette région du monde qui doit être participé au processus de paix de la région comme un Etat-relais.
Il faut également noter que cette déclaration de Bernard Kouchner, qui était déjà en faveur d’une intervention en Irak en 2003, apparaît alors que le Président Ahmadinejad a affirmé quelques jours auparavant que l’Iran n’avait pas besoin de la bombe atomique et d’ajouter de son pays n’en voulait pas, qu’il était contre les bombes, les qualifiant de non-utile d’un point de vue politique 3.
1 L’Amérique ne croit plus en une « victoire » en Irak, Sylvain Cypel, Le Monde, 2007/09/15
2Monsieur Sarkozy veut des sanctions européennes contre l’Iran, Natalie Nougayrède, Le Monde, 2007/09/14
3Interview de Mahmoud Ahmadinejad, Channel 4 TV, 2007/09/12