En affirmant la volonté de reprendre toute sa place au sein de l’OTAN, Nicolas Sarkozy franchit un pas voire même un continent ! En effet, si De Gaulle s’est retiré, non pas de l’Otan mais du commandement militaire intégré de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, s’était bien dans le but d’affirmer la place autonome de la France dans le monde.
En effet, on la constaté depuis, la France a su affirmer sa propre vision dans les différents conflits qui ont marqués ces dernières années, de la guerre du Golfe à l’Afghanistan en passant par l’Irak. Lors de cette dernière guerre, la France, par la voix de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin, a su montré l’exemple, a su prendre ses distances avec les Etats-Unis d’Amérique tout en restant diplomate.
En réintégrant pleinement l’Otan, en envoyant 1000 soldats supplémentaires en Afghanistan – qui est d’ailleurs une guerre perdue d’avance – ou encore en approuvant le bouclier antimissile en Europe Centrale, la France perd le si peu de puissance et d’influence qui lui restait de part le monde… En expliquant lors du discours de janvier 2008 devant le corps diplomatique français que la France doit s’affirmer « dans sa famille occidentale » et dans « les valeurs occidentales qui sont pour elle essentielles« , Nicolas Sarkozy se fond derrière la ligne de conduite américaine qui consiste à entrer en guerre contre l’Axe du Mal et l’Islamisme terroriste sans y apposer de contradictions, sans nuancer la politique américaine, sans critiquer la méthode.
En intégrant pleinement l’Otan et en s’allignant derrière les Etats-Unis, la France perd toute influence et abandonne toute volonté de transition vers la paix dans des pays où sa voix était entendu comme le Maroc, le Liban ou la Jordanie. Elle perd également par ce biais tout contact avec l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad avec qui elle aurait pu espérer jouer les médiateurs face à l’ONU.
Enfin, en réintégrant pleinement l’Otan, la France brise la volonté d’une Europe de la Défense, en effet, en s’affirmant dans cette organisation internationale menée par les Etats-Unis, notre pays perd toute autonomie. Or, une Europe de la Défense est urgente pour relancer le processus politique européen. Nicolas Sarkozy, de part cette décision, commet une erreur politique et historique majeure.
A lire également : France / OTAN, La République des Lettres, 2008 April 03


