Des mensonges pour un soutien à Schmid

C’est désormais une tradition en politique : mentir pour se faire élire est l’arme préférée de certains candidats, davantage encore à droite. Le premier soutien à la candidate UMP dans la 6e circonscription des Français de l’étranger est un grand inconnu dans le paysage politique : le Parti Social-Démocrate Européen. Soutien de François Bayrou au premier tour de la présidentielle, puis François Hollande au second tour, il vient d’apporter son soutien à Claudine Schmid, candidate UMP aux législatives…. Cherchez l’erreur.

Expliquant son ralliement quelques heures seulement après la clôture du scrutin et avant même les résultats définitifs dans un message aux Français de Suisse, le PSDE utilise 3 moyens pour se faire remarquer :

  • Les fautes d’orthographe
  • Les mensonges
  • L’absence de toute ligne politique

Le message est d’abord intitulé « 2nd tour et soutien à Claudine Schmid: expliquation de la prise de position ». Vous observez la très belle faute, un message qui n’a sûrement jamais été relu.

C’est ensuite une énumération de mensonges, tous plus grands les uns que les autres :

  • « Depuis le 6 mai, le PS a malheureusement confirmé sa volonté de matraquage fiscal des classes moyennes sous couvert d’un sur-matraquage fiscal des entrepreneurs les plus efficaces. »

Si renforcer l’imposition des revenus très aisés, augmenter l’allocation de rentrée scolaire de 25%, favoriser l’investissement des PME et TPE en réduisant leur fiscalité, c’est nuire aux classes moyennes, alors il faut que je retourne sur les bancs de la faculté d’économie, que j’ai pourtant, avec succès, fréquenté durant 3 ans. D’autant plus que c’est désormais démontré pour la France, c’est la droite qui augmente le plus vos impôts.

  • « Le caractère triomphaliste et hégémonique du PS français provoque un manque de coordination avec les autres parti sociaux démocrates, notamment en Allemagne et en Italie. »

On en rigole tellement c’est gros. Le PSDE et son candidat Joseph Kuszli ne lisent-ils pas l’actualité, sont-ils coupés du monde ? La coordination a eu lieu et a toujours lieu. En témoigne la coordination permanente des Chefs de Gouvernement ou Chefs de l’opposition des différents partis sociaux démocrates européens au sein du Parti Socialiste Européen. Le dernier en date ? Le 23 Mai 2012.

  • « le PSDE considère la candidate UMP plus proche des positions fédéralistes du PSDE que les positions floues en la matière de la candidate socialiste. »

Si on reprend les positions de François Hollande et de nombre de ses ministres, largement pro-européens, on ne peut que constater un pro-fédéralisme. Enfin, si le PSDE s’était un peu renseigné, s’il avait ne serait-ce qu’interroger Nicole Castioni sur le sujet, il saurait peut-être qu’elle est largement pro-européenne et que moi-même, son suppléant, je suis largement fédéraliste. Mon engagement pro-européen n’est enfin plus à démontrer du fait de mon parcours politique, associatif et académique en faveur de l’Europe. S’agissant de l’UMP, là encore le PSDE ne doit pas avoir de mémoire car les cinq dernières années ont été marquées par cinq années d’intergouvernementalisme approfondi, au détriment des pays de l’Union, facilitant ainsi la crise dans laquelle nous sommes. Bien loin donc du fédéralisme.

Enfin, il suffit de rappeler que le seul et unique Parti européen qui rassemble l’ensemble des partis sociaux-démocrates et progressistes européens est le PSE (Parti Socialiste Européen) pour montrer ô combien le PSDE est une entité qui a utilisé le marketing durant cette campagne, sans se soucier du fond des problèmes, sans se soucier des électeurs. Loin donc de la majorité pour le changement.

Un marketing d’ailleurs très faussé puisque le PSDE, en jouant sur les mots, a voulu se faire passer pour le Parti Socialiste Européen qu’il n’est pas. Sans oublier l’utilisation du logo MoDem sur la profession de foi du premier tour, alors que l’investiture MoDem revenait à Bernard Garcia.

Une Europe de la stabilité et de la croissance

La crise qui frappe l’Europe sur le long terme touche majoritairement trois catégories de citoyens : les femmes, les jeunes et les étrangers. En Espagne par exemple, le taux de chômage des jeunes dépassent les 50%, auxquelles il faut bien entendu ajouter les nombreux emplois précaires.

The beggar - Millenium Bridge, London, England UKDans le cadre d’une conférence organisée par le Partito Democratico de Genève, le city group du PSE de Genève et le syndicat UNIA, Sergio Cofferati avait fait le déplacement en Suisse romande. Quelques jours après le lancement d’une campagne sur l’emploi des jeunes en Europe par le Parti Socialiste Européen, c’est Renzo Ambrosetti, Coprésident du syndicat UNIA, et président de la Fédération Européenne des Métallurgistes qui introduit le sujet en constatant ce que chacun d’entre nous observe depuis de longs mois : l’Europe est à la dérive. Une dérive préoccupante. Affichant une volonté de reprendre en main l’économie financière qui détruit l’économie réelle et les salaires, son discours restera sur la nécessité de reconstruire l’Europe et cette Union Européenne qui doit retrouver sa composante sociale.

Lorsque Sergio Cofferati, député européen, ancien Maire de Bologne et grand leadeur syndical prend la parole en affirmant d’ambler que la cause de la crise est le manque de contrôle sur la spéculation financière aux États-Unis et la solution pour l’Europe est aujourd’hui, justement, davantage de contrôle sur cette spéculation financière, le silence fait face. L’orateur peut dérouler son discours qui touche tour à tour l’économie financière, la droite européenne, sans oublier le manque de volonté de la gauche européenne lorsqu’elle disposait d’une majorité au niveau supranational.

Pourtant l’Union qui est tant détestée garde, jusque dans ses racines, un intérêt pour sa société. En témoigne le langage utilisé aux États-Unis suite à la crise. La commission d’enquête parlementaire américaine s’intitulait « Commission d’enquête sur la crise financière », alors que celle de notre Parlement Européen y intégre les volets économique et social. Cet intérêt pour la société ne résout pas le problème. En témoigne un élément aberrant dans notre Union : l’économie va mal, mais la finance va bien.

Plan d’austérité sur plan d’austérité, l’Europe suffoque, elle se dirige vers le gouffre qu’elle a elle-même creusé. Une situation tellement grave que nous sommes rendus à nous féliciter non lorsque le chômage ne diminue pas mais lorsqu’il croit moins vite. Le pacte de stabilité et de croissance qui devait amener le développement s’est borné à faire de la stabilité sa priorité en refusant d’admettre que les deux étaient liés. Chacun est d’accord pour admettre que la stabilité financière et budgétaire est très importante, mais sans croissance elle n’est rien. Or la situation à laquelle nous faisons face aujourd’hui, avec des États très endettés, un chômage et une pauvreté de masse, ne peut être résolue sans croissance.

Se félicitant de l’élection de François Hollande et de son inflexion vers la croissance, Sergio Cofferati  va pourtant plus loin. La croissance est un élément essentiel pour l’avenir économique et social, mais sur le plan politique, Cofferati plaide pour un nouveau traité européen, avec un ministre de l’économie, amenant à un fédéralisme. Là où il est essentiel d’accorder au député européen un crédit et de se féliciter de sa volonté fédéraliste, un énième traité serait mal apprécié par les peuples à l’heure actuelle, quand bien même son acceptation résoudrait bien des problèmes. Pourtant, une union économique et fiscale est la solution à une zone monétaire unique.

La solution quant à l’avenir de l’Union Européenne et son adhésion populaire de la part de l’ensemble des citoyens doit dès lors s’articuler autour de trois éléments principaux :

  • La commission, telle qu’elle est designée, ne répond pas aux demandes des citoyens. Il convient d’élire son Président au suffrage universel direct.
  • Une politique d’investissements associé à des dépenses publiques intelligentes de la part des États et de l’Union (mise en place d’eurobonds)
  • Mise en place d’une Taxe sur les Transactions Financières permettant de réduire la spéculation et apporterait des ressources propres à l’Union. Cette solution est admise par la quasi-totalité des États membres, les divergences sont cependant massives sur la forme.

L’Europe trouvera ses réponses dans la solidarité et la croissance

Catherine Trautmann, députée européenne, présidente de la délégation socialiste française au Parlement Européen et en charge de l’Europe dans l’équipe de campagne de François Hollande, ancienne Maire de Strasbourg, députée à l’Assemblée Nationale et Ministre de la Culture, était à Genève ce lundi 2 avril.

Dans le cadre de son mandat européen elle a donné une conférence à l’Institut Européen de l’Université de Genève autour du thème « L’avenir de l’Europe est-il fédéral ?« .

Dressant un constat sombre de l’Europe actuelle, cette européenne convaincue n’en a pour le moins pas oublié de rappeler que « l’Europe n’avance que quand elle agit de manière fédérée« , cette Europe qui nous donne un avenir possible, mais cette Europe économique, aussi, qui « a pris le pas sur l’Europe politique« . En mot une « Europe des citoyens [qui] s’efface derrière l’Europe des consommateurs« .

Face à cela, il existe pourtant des solutions. Notamment, comme l’a argumenté Catherine Trautmann, en donnant un « rôle de prêteur en dernier ressort [à] la Banque Centrale Européenne« . Un tel pas en avant serait d’ailleurs « le meilleur exemple d’une Europe fédérale« . Car face à une confusion institutionnelle si forte, face à une crise qui touche si durement les citoyens européens il nous faut des éléments fédéraux, en cela « l’Europe trouvera ses réponses [...] dans la solidarité et la croissance« . Car on le voit aujourd’hui, austérité et sape démocratique du pouvoir parlementaire riment avec fragmentation de l’Union Européenne et montée des nationalismes.

« Il y a aujourd’hui en Europe deux modèles : attaquer le modèle social européen, [...] et ceux qui veulent trouver une issue à travers la croissance » affirme Madame Trautmann. François Hollande porte ce second modèle. Convaincu qu’une discipline budgétaire est impérative, il n’en demeure pas moins que l’Europe et ses citoyens ne s’en sortiront qu’à l’aide d’une croissance soutenue. Et cette croissance, « c’est la jeunesse, l’énergie, la recherche, les entreprises, grandes et petites« .

Comme l’a si bien dit, Madame Trautmann, forte d’une envolée lyrique et d’un grand talent oratoire, « le mandat de l’Union Européenne est le progrès, pas la récession« . Une Union Européenne ne se dirige pas à deux Chefs d’États, elle se dirige à 27 et au travers de ses différentes organes dont le Parlement Européen.

Catherine Trautmann était par ailleurs l’invitée de l’émission Forum sur la Radio Suisse Romande. Vous pouvez retrouvez son intervention ci-dessous :

Hollande et son aura international

Un Président est élu par les citoyens qui forment notre République mais il nous représente bien au-delà. Chez nos voisins, en Europe, et bien ailleurs. Son aura, ses connaissances et amitiés, en un mot son réseau à l’international est essentiel dans l’image d’un candidat à la présidentielle. On a souvent raillé celle de François Hollande. Son aura est pourtant bien international, bien au-delà du cercle social-démocrate.

En tant que Premier Secrétaire du Parti Socialiste durant de nombreuses années, François Hollande a pu tisser un réseau puissant au sein des partis sociaux-démocrates du monde entier. Les années ont passées, il convient donc de mettre un peu de fraicheur dans ces relations. Exemples à l’appui, voici pourquoi François Hollande sera un bon Président français sur la scène international.

Lors de son déplacement à Londres, François Hollande a rencontré le leader de l’opposition, Ed Miliband. Comme l’affirme le député travailliste et Ancien ministre des Affaires européennes du gouvernement Blair de 2002 à 2005 Denis McShane :

Pendant sa conférence au King’s College de Londres, François Hollande a su séduire les Anglais, en faisant notamment référence à Churchill et à la coopération militaire franco-britannique en Afghanistan et en Libye. Les grands différends sur l’Irak du temps de Tony Blair appartiennent désormais au passé. […] L’idée d’une Europe dominée par Berlin et soutenue par une France attentiste et s’inclinant devant chaque désir de l’Allemagne, n’est pas du tout du goût des Anglais. Une France indépendante, avec un président capable de mettre un terme au Merkozysme tout en gardant de bons rapports avec Berlin, serait vivement appréciée à Londres.

Sur le plan européen, bien au-delà de David Cameron et Angela Merkel qui se seraient alignés sur la volonté de Nicolas Sarkozy en refusant de rencontrer le potentiel futur Président de la République, François Hollande pousse la porte de l’Union Européenne en tant que telle. L’Union va bien plus loin que sa façade atlantique. Ainsi la Pologne, force vive et élément essentiel de la construction européenne est à l’honneur. En déplacement à Varsovie le 9 mars dernier, Hollande s’est ainsi entretenu avec le Président polonais, le conservateur Bronislaw Komorowski, et le chef de file de l’opposition polonaise, l’ancien Premier ministre Leszec Miller. Parmi les thèmes évoqués : l’avenir de l’Europe, notamment en matière de défense et d’énergie.


Le fil d'Ariane #4 par francoishollande

De l’autre côté de l’Atlantique, des bruits se font entendre, très clairement d’ailleurs, puisque comme l’affirme Le Point, l’Obama team est unanime : « Nous souhaitons la victoire de François Hollande. […] Avec François Hollande, on partage la même vision de la société ou de l’économie : tout le monde a le droit de profiter de la prospérité, pas seulement quelques-uns, et en temps de crise, tout le monde doit faire des efforts et contribuer à hauteur de ses moyens« .

Le changement aussi est attendu parmi les dirigeants étrangers. François Hollande pourra d’ailleurs compter sur des soutiens de poids lors de son discours sur l’Europe qu’il tiendra le 17 mars prochain puisque seront présents Martin Schulz, Président du Parlement européen, Hannes Swoboda, Président du groupe S&D au Parlement européen, Sergei Stanishev, Président du Parti Socialiste Européen, Pier Luigi Bersani, Secrétaire du Partito Democratico italien, et Sigmar Gabriel, Président du SPD allemand.

ACTA, quatre lettres qui font débat

ACTA, quatre lettres qui font débat. Grand bruit même. Un texte sur lequel on tire à boulets rouges. Dès 2010, le Parlement Européen condamne le manque d’information sur ACTA.  L’annonce ce mercredi de la saisine de la Cour de justice de l’UE par la Commission européenne dont l’ensemble des groupes politiques se sont réjouis. Une nouvelle série de manifestations à travers l’Europe prévue pour ce samedi. 2,5 millions de signataires pour la pétition en ligne d’Avaaz contre ACTA. Explications.

ACTA signifie Anti-Counterfeiting Trade Agreement, Accord commercial anti-contrefaçon en français. Le texte vise à établir un nouveau cadre juridique que des pays peuvent rejoindre volontairement et à créer un organisme de gouvernance propre, en dehors des institutions internationales déjà existantes telles que l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, pourtant très compétente en la matière. Le texte porte sur les marchandises, notamment les produits contrefaits, les médicaments génériques ainsi qu’aux infractions au droit d’auteur sur Internet. C’est ce dernier sujet qui a lancé la vague de protestation en ligne puisque le texte aborde aussi les infractions au droit d’auteur dans le contexte d’« Internet et des technologies de communication ».

Pourtant, bien avant la signature de l’accord par l’Union Européenne le 26 janvier dernier et la démission de Kader Arif, son rapporteur au Parlement européen, qui s’en suivit, les interrogations de la société civile étaient nombreuses. Un manque de transparence d’abord puisque les négociations officielles débutées en 2008 n’aboutirent à un texte public qu’en avril 2010. Un objectif légitime : une réponse à « l’augmentation dans le commerce international des contrefaçons et des produits sous copyright piratés » qui a cependant aboutit à un renforcement démesuré du pouvoir du droit d’auteur. Ainsi, le contenu d’ACTA est dans l’esprit des lois Hadopi en France, ou encore SOPA et PIPA aux USA. Sur l’application, comme l’affirme l’eurodéputée Amelia Andersdotter on « encourage de façon implicite [les ayants-droits et fournisseurs d’accès à internet] à endosser la responsabilité de juger là où il y a une infraction, comment on y met fin […]. Si nous nous dirigeons vers une mise en application de la loi, alors que ce soit sous une autorité juridique. Vous ne pouvez pas privatiser la mise en application de la loi ».

Sur le contexte, l’eurodéputée suédoise va plus loin :

J’ai été surprise par le culot de Sopa et Pipa. Ces propositions de loi sont si stupides, je ne comprends pas d’où ça vient. Elles proposaient de donner aux institutions américaines un pouvoir juridique direct sur les systèmes DNS, pour faire fermer des sites. Il me semble étrange qu’un pays puisse appliquer ses lois sur la propriété intellectuelle partout dans la monde. Il n’est pas bon d’appliquer extra-territorialement une législation qui est critiquée sur son propre sol. Sur Sopa, j’ai l’impression qu’un représentant du Congrès a reçu une feuille de papier, l’a lue en vitesse et l’a soumise au débat.

Owni.fr a réalisé une très bonne infographie au sujet de la ratification d’ACTA au Parlement Européen :

Crédit photo: Site-Blocking Protest & Owni.fr

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