Kirghizstan, embrasement sur fond de déstabilisation

Après le renversement du pouvoir par le peuple au Kirghizstan, la situation s’était quelque peu améliorée mais restait toujours précaire. À l’approche du référendum portant sur la réforme de l’État et sur une nouvelle constitution, des violences ont éclaté dans le Sud du pays entre les deux principales ethnies du pays : ouzbek et kirghize. Certains ouzbeks fuient même vers l’Ouzbékistan voisin puisque les violences ont fait en quelques jours plus de 75 morts et 1’000 blessés. Cela passe presque inaperçu dans les médias européens.

La situation est tellement grave que le gouvernement provisoire a déployé une grande partie de l’armée dans la région pour stabiliser la zone et a demander l’intervention de l’armée russe. La Russie a refusé de répondre positivement à cet appel tout en continuant de soutenir, matériellement et financièrement, le gouvernement actuel. Voici la situation à Och, dans le Sud du pays, les 11 et 12 juin dernier où l’état d’urgence a été déclaré et un couvre feu mis en place  :

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Videos via @Mirsulzhan

On parle de violences inter-ethniques dans les médias internationaux, la religion jouant un élément central puisque l’ethnie ouzbek est davantage islamisée par rapport à l’ethnie kirghiz, musulmane également mais moins religieuse. Pour autant, en observant les médias d’Asie centrale et les agences d’informations de la région on voit apparaître une raison bien différente dont le gouvernement intérimaire a toujours eu peur : la déstabilisation du pays venant de l’extérieur organisée par le Président déchu, Bakiyev, actuellement réfugié dans la magnifique démocratie biélorusse, échappant ainsi à un mandat d’arrêt. Le gouvernement provisoire a étendu le plan d’urgence à Djalal-Abad, deuxième ville du Sud du pays. La situation humanitaire est également préoccupante.

La situation évolue d’heure en heure, à l’image du piratage du site du Président déchu Bakiyev et de son compte twitter ce matin.

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Mise à jour : Depuis la mise en ligne de cet article, le bilan fait état de 82 morts. À noter que les médias européens relaient désormais l’information.

La nouvelle guerre: Apple vs. Google vs. Microsoft

Gizmodo a fait un visuel qui résume très bien la guerre que se livrent Apple, Google et Microsoft… Rien à dire de plus… Ah si, l’article également est très bien!

(Pour ceux qui n’auraient pas compris, cliquez sur l’image pour l’agrandir…)

Géorgie-Russie : énergie, conquête et Iran parmi les sources du conflit

L’Ossétie du Sud fait aujourd’hui l’actualité, mais le problème n’est pas nouveau et les tensions palpables depuis plusieurs années. Dans notre Histoire proche, le conflit trouve ses origines dès 1989 lorsque l’aspiration des Ossètes du Sud à l’autonomie aboutit à des heurts avec le nouvel Etat géorgien indépendant, les soviétiques n’hésitent pas à intervenir. Deux ans plus tard, en Décembre 1991, la rupture est nette lorsque l’Ossétie du Sud se proclame République indépendante…

Mais la situation que l’on connaissait dans les mois qui ont précédés l’embrasement était celle d’un cessez-le feu accompagné d’une force de maintien de la paix russe. La Russie possède ainsi un pied sur ce territoire par le biais d’une mission que l’on peut qualifiée de pacifiste en apparence. Lorsqu’en Novembre 2006, les Ossètes du Sud votent en faveur de leur indépendance et de leur rattachement à la Russie, la crise s’envenime jusqu’à ce que la Russie établisse des liens officielles avec cette région et l’Abkhazie. Car il ne faut pas en douter, l’avenir de ces deux régions est bien évidemment liée, tout comme cette guerre est liée à l’avenir des relations Union Européenne-Russie.

Ce conflit possède plusieurs sources, au nombre de 4. Tout d’abord la volonté d’affirmation de la puissance russe dans une région où les Etats-Unis tendent à s’enraciner, comme l’a montré la visite de Georges W. Bush en Géorgie en 2005 ; au second plan le problème énergétique avec l’oléoduc qui traverse la Géorgie et qui concurrence directement celui en provenance de la Russie puisqu’il permet à l’Union Européenne de diversifier ses approvisionnements énergétiques et ainsi de ne plus être fortement dépendant de la Fédération à ce sujet. Parmi les sources du conflit, il y a également, en arrière plan, la volonté russe de réintégrer la Géorgie ou tout du moins certaines de ces régions. En effet, l’ex-pays soviétique a réussi un transfert de pouvoir pacifique mais spectaculaire en novembre 2003, en renversant le président Edouard Chevardnadze, un ancien ministre soviétique des affaires étrangères et le leader du pays depuis le début des années 1990. L’ampleur de la victoire électorale écrasante du pro-occidental Mikhail Saakashvili en janvier 2004 n’a fait que traduire le désir de changement de la république caucasienne. Enfin, la quatrième source qui apparaît est la déstabilisation évidente de la région caucasienne afin de montrer la faiblesse de l’Union Européenne à stabiliser pacifiquement et économiquement une région qui bénéficie de plusieurs de ses fonds. Par ce phénomène, la Fédération de Russie tend à montrer que l’Union Européenne n’a pas une aussi forte influence qu’elle n’en a l’air et que par conséquent, son influence dans la région, et notamment concernant le problème iranien, est minime et qu’il convient donc de minimiser le poids de sa médiation.

Bien évidemment, la Géorgie n’est pas toute rose dans ce conflit… explications à venir.

Sur le même sujet :
- « Géorgie : vers l’autoritarisme, Rapport Europe n°189« , by Internatioal Crisis Group, December 19, 2007
- « Georgia’s South Ossetia Conflict: Make Haste Slowly », by International Crisis Group, June 7, 2007

Crédit photo : Shotamur on Flickr.com

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Israël dénonce le développement nucléaire en Syrie

On croit rêver ! Alors que mardi le réchauffement des relations diplomatiques1 entre la France et la Syrie annonçait une volonté de stabilisation de la crise libanaise et d’apaisement des relations bilatérales, bien que nuancé par l’Elysée, l’espoir se dissout aujourd’hui. En effet, au vue d’un article du Financial Times2 paru il y a désormais quelques heures et auquel les médias français ne font toujours pas attention, l’Etat d’Israël accuse la Corée du Nord d’aider la Syrie à la mise en place d’un réacteur nucléaire sur le territoire syrien !

Au-delà de ce que cette annonce signifie, les clichés satellites disponibles, qui sont issus d’Associated Press, rappellent étrangement les « preuves » d’armes chimiques en Irak ! Cela en serait presque drôle voir hillarant si cette information était sorti d’un blog ignoré de tous un 1er Avril. Ce n’est malheureusement pas le cas, c’est là la triste histoire de cet article.

Au vue de l’attitude de notre Ministre des Affaires Etrangères lors de sa rencontre il y a quelques jours avec son collègue syrien, on s’attendait à voir surgir d’ici à quelques mois une reconnaissance de l’implication de la Syrie dans la crise libanaise et une association de la Syrie avec l’Iran et Israël dans la résolution du conflit libanais… Mais au vue des derniers évènements, la crise diplomatique est, elle, repartie de plus belle, laissant ainsi les citoyens libanais dans un triste sort !

Mais l’attitude d’Israël sous-entend la décomplexion de cet Etat dans le Proche et Moyen-Orient. Jusque là agissant à couvert et sous haute protection des Etats-Unis, Israël prend une pleine place sur ce territoire, agissant en son nom ! Avec cette information, c’est comme si l’Etat hébreu agissait au nom des Etats-Unis dans la crise libano-syrienne.

Les Etats-Unis sont grillés au Proche et Moyen-Orient, tant pis, il y a toujours une solution : envoyons Israël à la charge !

1 « Sans illusion, la France renoue le contact avec Damas », par Georges Malbrunot, Le Figaro, 2008 April 23

2 « North Korea ‘helped Syria build N-plant’ « , by Demetri Sevastopulo, Financial Times, 2008 April 24

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La France à l'OTAN, De Gaulle se retourne dans sa tombe

Drapeau de l'OTANEn affirmant la volonté de reprendre toute sa place au sein de l’OTAN, Nicolas Sarkozy franchit un pas voire même un continent ! En effet, si De Gaulle s’est retiré, non pas de l’Otan mais du commandement militaire intégré de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, s’était bien dans le but d’affirmer la place autonome de la France dans le monde.

En effet, on la constaté depuis, la France a su affirmer sa propre vision dans les différents conflits qui ont marqués ces dernières années, de la guerre du Golfe à l’Afghanistan en passant par l’Irak. Lors de cette dernière guerre, la France, par la voix de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin, a su montré l’exemple, a su prendre ses distances avec les Etats-Unis d’Amérique tout en restant diplomate.

En réintégrant pleinement l’Otan, en envoyant 1000 soldats supplémentaires en Afghanistan – qui est d’ailleurs une guerre perdue d’avance – ou encore en approuvant le bouclier antimissile en Europe Centrale, la France perd le si peu de puissance et d’influence qui lui restait de part le monde… En expliquant lors du discours de janvier 2008 devant le corps diplomatique français que la France doit s’affirmer « dans sa famille occidentale » et dans « les valeurs occidentales qui sont pour elle essentielles« , Nicolas Sarkozy se fond derrière la ligne de conduite américaine qui consiste à entrer en guerre contre l’Axe du Mal et l’Islamisme terroriste sans y apposer de contradictions, sans nuancer la politique américaine, sans critiquer la méthode.

En intégrant pleinement l’Otan et en s’allignant derrière les Etats-Unis, la France perd toute influence et abandonne toute volonté de transition vers la paix dans des pays où sa voix était entendu comme le Maroc, le Liban ou la Jordanie. Elle perd également par ce biais tout contact avec l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad avec qui elle aurait pu espérer jouer les médiateurs face à l’ONU.

Enfin, en réintégrant pleinement l’Otan, la France brise la volonté d’une Europe de la Défense, en effet, en s’affirmant dans cette organisation internationale menée par les Etats-Unis, notre pays perd toute autonomie. Or, une Europe de la Défense est urgente pour relancer le processus politique européen. Nicolas Sarkozy, de part cette décision, commet une erreur politique et historique majeure.

A lire également : France / OTAN, La République des Lettres, 2008 April 03

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